“Ce n’est pas une référence pour le reste de notre course” – Sanderson. Volvo Ocean Race

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Mardi 31 janvier 2012

Par Sylvain Rochon


Mike Sanderson ne sait pas cacher ses sentiments. Le skipper de Team Sanya confie sa frustration alors que l’équipage, plus de 170 milles derrière les premiers, se débat encore au large de Singapour. Le détroit de Malacca ne leur a pas apporté l’opportunité qu’il espérait pour revenir sur la flotte. Entretien à coeur ouvert.

« On a le sentiment d’être sur une pente descendante, alors que ce sont des conditions dans lesquelles on sait pouvoir être rapides. De ce point de vue, c’est vraiment décevant. »

Sanderson a remporté deux fois la course, dont une victoire à la barre d’ABN AMRO ONE en 2005/06. Le Néo-Zélandais est expérimenté, charismatique, très positif. Mais après 10 jours de course, dont un passage au ralenti entre Sumatra et la Malaisie, il avoue son insatisfaction.

« Mais vous savez, vous pouvez être aussi rapides que vous voulez dans ces conditions, si les gars ont deux à trois nœuds de vent de plus que vous, ils vont s’éloigner. On adorerait rattraper les autres mais pour l’heure, il s’agit de ne plus perdre de milles. »

Après deux retraits sur les premières étapes – avarie de coque entre Alicante et Le Cap et avarie de gréement entre Le Cap et Abu Dhabi –, rejoindre en course leur port d’attache est l’objectif actuel de Sanya Lan. Le bateau aux couleurs de la province de Hainan est un Volvo Open 70 de l’édition 2008/09, ex-Telefónica Blue. Pour autant, le skipper kiwi ne souhaite pas seulement faire de la figuration.

« On a reçu un message clair : amener le bateau en une pièce à Sanya. Mais ce n’est pas pour ça qu’on est là.

« Pour qu’on gagne cette étape, on aurait eu besoin d’être suffisamment au contact à l’entrée du détroit de Malacca, de faire un coup sur ces 500 milles et de s’accrocher pour les cinq derniers jours.

« La probabilité que ça se passe comme ça a vite disparu. On accuse sans doute encore le coup après l’étape 2. Je ne considère pas du tout ça comme une référence pour le reste de notre course.

« On a vraiment un groupe spécial de gars à part à bord, » ajoute le skipper, reconnaissant de la solidarité et de la détermination de ses équipiers. « Jusqu’à présent, on n’a vraiment pas eu un voyage facile et je ne peux pas faire suffisamment l’éloge de ce groupe.

« On peut seulement jouer avec les cartes dont on dispose. En fait, je crois qu’on a plutôt bien joué avec notre mise – c’est juste notre sport par moments.

« On s’est débarrassés de notre chat noir. Après tout, c’est notre plus longue étape sans retrait. À partir de maintenant, on ne va que progresser. »

Team Sanya prendra tous les points de l’étape 3 s’il rejoint Sanya en course, même s’il n’a pas pu participer au premier acte. Les cinq autres équipes, elles, ont déjà marqué lors du premier acte et se battent pour les 80 % des points attribués pour la seconde partie.